Les institutions puniques après la chute de Carthage

Pour le conquérant romain, l’Afrique de Carthage ne se présentait point comme un pays barbare. A travers toute la Méditerranée, la grande Capitale punique jouissait et à très juste titre, d’un très grand prestige. Pays des Magonides, une grande famille de chefs politiques et militaires et famille de grands explorateurs comme Hannon et Himilcon, pays d’Hannibal, stratège de génie, pays de Magon le père de l’agronomie antique dont l’oeuvre mérita une large diffusion à travers le monde gréco-latin.  Une place d’honneur lui fut réservée dans la bibliothèque du temple d’Apollon sur le Palatin, à côté des livres sibyllins. pays d’une très grande densité urbanistique, d’une grammaire architecturale très élaborée et d’un urbanisme raffiné. C’est le pays de Carthage, dont la constitution politique mérita les éloges de l’historiographie antique, et surtout ceux d’Aristote qui n’hésita pas à lui reconnaitre le droit à une place dans sa Politique. La constitution de Carthage suscita l’admiration de nombreux auteurs anciens comme Isocrate, Eratosthène, Polybe, Cicéron, Strabon (3) etc. Pour toute recherche relative à l’Antiquité du Maghreb, l’héritage carthaginois, punique et libyque doit être pris en considération et apprécié à sa juste valeur et à sa juste portée.